
De l’influence du système de rémunération sur le business model et vice versa
Paru dans LJA Magazine n°53 - Mars/Avril 2018
Les business model des cabinets d’avocats et leurs liens avec les différents systèmes de rémunération font débat. Les deux principaux « Eat what you kill » et « Lockstep » ont chacun leurs défenseurs acharnés. Chacun affirmant qu’il n’y a point de salut en dehors de celui choisi par son cabinet.
Dis-moi comment est organisée la répartition de tes profits et je te dirai qui tu es. « On ne peut pas penser à sa stratégie sans réfléchir au système de rémunération, introduit Renaud Dubois, managing partner de Kramer Levin Paris. Il définit une partie du business model : cabinet intégré ou superposition de cabinets individuels ». Mais quel est le lien entre le système de rémunération et le business model ? « On décide d’un business model et le système de rémunération en découle. La rémunération est un sujet attaché aux objectifs que nous nous sommes fixés, répond Laurent Bernet, co-managing partner du cabinet Lerins & BCW. Parmi eux, le partage des dossiers et la solidarité. Nous sommes convaincus que la stabilité des rémunérations produit des avocats de qualité »
Lockstep vs Eat what you kill
Deux systèmes de rémunération coexistent sur le marché international des cabinets d’avocats. Pour faire simple, de manière générale, les firmes anglaises répondent au modèle du Lockstep (LS). Les cabinets américains et de nombreux Français ont opté pour le Eat what you kill (EWYK).
Au sein du premier modèle, chaque associé, tous pays et pratiques confondus, est rémunéré sur la base du chiffre d’affaires global du cabinet en fonction de son ancienneté. Sans lien direct avec l’apport ou le traitement des dossiers. Ses partisans le mettent en avant auprès de leurs clients en arguant une plus grande fluidité de traitement des différentes problématiques.